La femme au miroir

 

matins blêmes
nuits blafardes
elle bouge devant son miroir
et le bruit de ses gestes
lui revient comme un écho vide

matins blêmes
soleils pâles
miroir
elle ne veut pas se voir
miroir   mémoire  et tant de saisons abolies
quelle est cette ombre dans sa nuit
ce fantôme comme un nuage
cette presqu’inconnue
qui lui ressemble tant
qu’elle reconnaît à peine

aux jours passés
aux nuit trop noires
miroir   elle ne veut pas se voir
elle met un masque à son image
elle ne voit pas
elle est aveugle
et sa cécité la regarde

 

© Francine Hamelin (tiré de La femme envolée et autres poèmes du feu et de la soif)

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Hypocrites!

Nos hypocrites en chef ont le mot «vert» à la bouche mais ils sont à genoux devant l’industrie pétrolière et tous les «développeurs» polluants et destructeurs qui ne sont là que pour le fric.

Ils parlent de droits humains mais ils vendent des armes aux pires dictateurs de cette planète, il ne faut pas froisser le complexe militaro-industriel… (Si on ne livre pas ces armes, il faudra payer une pénalité de plusieurs millions?… Dites-moi, Monsieur Trudeau, combien valent à vos yeux des vies humaines ?) Oh! Quel beau sens moral!

Le développement à n’importe quel prix n’est pas le progrès mais la ruine assurée de l’avenir.

Nous sommes finis en tant qu’espèce si nous ne progressons pas comme société, si nous ne respectons pas cette Terre, si nous perdons peu à peu notre humanité en laissant la bêtise et l’ignorance distiller un peu partout la peur de l’autre et la haine de la différence. Aujourd’hui, des humains fuient le racisme, la persécution, la guerre, la faim, la mort, et les frontières se ferment de plus en plus. Que ferons-nous quand arriveront à nos portes les réfugiés climatiques? Nous les laisserons se noyer? Allons-nous laisser les «identitaires», les nationalistes étroits d’esprit, les meutes et autres groupuscules de l’intolérance s’arroger le droit de vie et de mort sur les «autres»?

Si nous nous fermons, si nous refusons d’ouvrir les yeux sur ce qui se passe et sur ce qui s’en vient, nous nous précipitons vers le précipice à la vitesse grand V.

Les anti-immigration caquettent, et au final ils sont lamentables. Il y a sous les excuses économiques de vieux relents d’un racisme latent qui ne dit pas son nom, celui-là même que notre société a encore envers les Premières Nations, les Musulmans, les Noirs, les LGBT, celui-là même qui se manifeste à travers le profilage racial. Mais qu’est-ce qu’on veut? Un petit monde bien lisse? Un univers bien uniforme qui se sclérose?

Ce sont les mêmes qui caquettent aussi sur la laïcité, faut pas que dépasse un bout de turban, d’étoile de David ou de hijab, mais l’hypocrisie est flagrante quand on veut garder un crucifix qui trône à l’Assemblée nationale… C’est un patrimoine culturel? Mettez-le dans un musée! Pour moi c’est le symbole d’une religion qui a méprisé et persécuté les femmes (pensez à toutes celles qui ont été brûlées vives pendant l’Inquisition sous prétexte de sorcellerie, à toutes celles qui n’ont été considérées que comme des utérus à faire des enfants même si elles devaient en crever), le symbole des Premières Nations dont on a voulu étouffer la culture, dont on a volé les enfants pour les jeter entre les mains de pédophiles qui ont été trop longtemps protégés par leur hiérarchie religieuse, le symbole de tous les enfants dont ont abusé des prêtres sans scrupules et une église qui a tout fait pour dissimuler ces actes.

Qu’on applique donc aux politiciens, députés et ministres qui veulent garder le crucifix le même traitement que celui qu’ils proposent pour les autres: qu’ils perdent leur emploi!

Y en a marre des hypocrites!

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Comme on part en voyage

 

partir   s’en aller au printemps
mourir comme on part en voyage
renaître au-delà de la peur
au coeur d’un oiseau de lumière

la musique est au fond du plus vaste silence
et toutes les saisons recommencent nos vies
de la racine à l’arbre et de l’arbre au soleil
avec nos coeurs à nu dans la beauté du jour

partir en enfantant l’espace
à chaque pas à chaque geste
aimer les fleurs sans les cueillir
mourir en devenant jardin

 

© Francine Hamelin  (tiré de Comme aux jours de lumière)

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Un autre silence

vois-tu
je n’ai pas le coeur à mourir
moi qui ne voulais pas attendre
il m’arrive d’attendre parfois
un mot un signe ou une voix
qui fasse s’enfuir la nuit à grand pas

je partirai au bout de mes semaines
je changerai de rythme et de saison
je changerai de corps et de maison
je partirai sans raison
sans refermer la porte

ah je voyagerai bien au-delà des horizons
mes pieds sont de mouvantes racines
je suis de la terre
et je suis de l’espace
mon coeur a des ailes d’oiseau

* * * * *

j’attends parfois
pour quelle autre lumière
pour quelle autre enfance
cet instant où le temps m’éclatera
où l’espace me reprendra
d’un bout à l’autre de mon être

j’ai le corps vibrant de toute la terre
à laquelle j’appartiens

j’apprends que la mort n’est qu’un autre silence
au seuil d’une porte

* * * * *

je n’ai pas la tête à pleurer
mes yeux sont remplis de légendes d’arbres
que je t’écrirai
avec la couleur des mots-feuillages
et l’encre de la nuit

ô Terre ma mouvante demeure
ouvre mes mains
que toute vie s’y repose
ouvre mes yeux sur le matin éternel
et comme on brise les sabliers
défais le temps

que la cristalline musique
m’habite enfin
infiniment

 

© Francine Hamelin (tiré de Comme aux jours de lumière)

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Accueil

 

j’accueille les saisons entre mes bras tendus
et le monde très beau habité de patience

sur la chaleur du sable j’inscris chaque visage
j’écris chaque journée que l’eau effacera

le temps caresse chaque rêve
je nomme le pays des arbres
et la très grande fidélité de l’aube
et la tendresse quotidienne

je meurs de chaque tremblement
je suis l’oiseau perdu de neige
et dans la magie de la terre
je renais de chaque semaine

 

© Francine Hamelin (tiré de Comme aux jours de lumière)

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Les réverbères

 

embrasés de l’âme et du coeur
au palpitement des étoiles fugaces
nous nous tiendrons debout
et le visage nu
au creux des marées fortes
éclatés d’une soif intense
et du désir de boire
toute l’amertume du sel
avant de faire naufrage
au seuil des archipels

et les enfants tristes
nés du rêve de nos doigts
regarderont brûler les réverbères
dans la nuit chimérique
d’une ville endormie

 

© Francine Hamelin (tiré de La femme envolée et autres poèmes du feu et de la soif)

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Hausse de taxes à Val-David…

Des hausses de taxes bien au-delà du taux d’inflation à Val-David…!

Il n’y a pas si longtemps, la mairesse Kathy Poulin déclarait qu’on allait respecter la capacité de payer des citoyens… Wow! Il semble que ce conseil municipal a vite oublié… Ou alors on respecte seulement la capacité de payer des citoyens bien nantis… Si on en est rendu à payer en 6 versements, ce n’est sûrement pas parce que les taxes sont raisonnables…

Nous sommes dirigés par des gens qui dépensent sans compter et qui prévoient dépenser encore plus même s’ils nous ont déjà endettés au-delà de nos moyens. Projets pharaoniques, marché qui nous coûte un bras… Mais qui donc représentez-vous, mesdames et messieurs du conseil? Sûrement pas les citoyens ordinaires, les retraités dont les revenus n’augmentent pas à la même vitesse que les taxes municipales ou les gens qui ont de la misère à boucler leurs fins de mois… Permettez-moi de ne pas vous féliciter pour votre gestion des fonds publics.

Et pendant ce temps Val-David est en train de devenir un décor, un endroit de plus en plus cher, bruyant et pollué…

Endetter encore plus les citoyens pour accueillir de plus en plus de « chars » et faire de ce village un immense stationnement n’est pas du développement durable. Et ce sont les enfants qui payeront le prix de politiques irresponsables, tant au niveau financier qu’environnemental et social.

Je crois bien que Val-David a vendu son âme…

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