à la racine même du coeur
il y a le cristal des aubes
et l’immense étincelle
des mondes en genèse
je sais
je sais
nul n’est à l’abri des tempêtes
je sais l’argile du temps qui va
et nos corps dépouillés d’artifices
devant les sabliers qui coulent inexorables
et la difficile parole humaine
cherchant à se désenliser
des dunes de l’oubli
mais je sais aussi ce matin
comme un navire de haut-bord
perçant les brouillards nocturnes
et comme un chemin d’étoiles
et de soleils inaltérables
la nudité du jour incendie
tous les horizons de ma mémoire
© Francine Hamelin (L’argile et la flamme)





