Mais on peut d’ores et déjà le commander ici :
Merci à Daniel Ziv et merci à toi Barbara.

au-delà des saisons toujours demeurera
cette soif d’eau et de coquillages
jusqu’aux racines du silence
dans les estuaires du rêve
dans les sanctuaires de nos mains
au-delà des saisons toujours resteront
ces oiseaux amoureux des arbres
ces arbres fous d’une poésie indomptée
nos enfances aux yeux funambules
qui savent l’âme simple et la parole nue
au-delà des saisons toujours se lèvera
cette aurore têtue à brûler
les citadelles de l’éphémère
à faire naître des cendres du temps
les fleurs gitanes d’une belle éternité
© Francine Hamelin (Traversée boréale)
rêve-moi un pays
où tout va doucement
loin de la douleur de ce siècle
loin des mensonges de ce temps
rêve-moi un pays
comme une éternité
peuplée d’arbres bleus et d’oiseaux
où vivre enfin le cœur à nu
rêve-moi un pays
tout au creux de nos paumes
et j’irai avec toi mon âme
plus loin que tous les bouts du monde
rêve-moi un pays
comme un peu d’infini
© Francine Hamelin (La maison des oiseaux – Z4Éditions)
Et Barbara Auzou c’est ici

il faudra bien que je te parle
de la mosaïque du vivant
de la peau du mystère
de la réalité dérobée
par le bleu inentamable
et le rose incandescent
on a beau chercher des années durant
marées de mousses et étoiles au front
les lointains rapprochés
on a beau tendre de grands rayons
pour se retrouver
creuser des réseaux de chemins encore
concevoir de grandes cérémonies
toujours limitrophes du soleil
pour jouir des forges de l’instant
ou de la récompense de longues pluies
du temps s’écoule seulement sur du temps
et nous restons à la fois le dehors et le dedans
le ciel et la terre
malgré nos grandes jambes de déambulation
nous ignorons tout de ce qu’il y a au bout de nous
nous ouvrons des fenêtres natales
poussons des portes pour les refermer aussitôt
sans même avoir touché
le cycle des grands mouvements élémentaires
alors avides d’enchantements et d’idéal
consommateurs de merveilles
porteurs de mots brisés
qui ont oublié qu’ils étaient un chant
nous restons des enfants difficilement consolables
hautement inflammables pourtant
dans la répartition ironique des vents
et l’extinction programmée des saisons
Barbara Auzou
sous les voûtes ouvertes
du grand rêve céruléen
j’écoute le chant de la terre
et les esprits qui chuchotent
une autre histoire du monde
loin des miroirs où les humains
cherchent l’image perdue
de ce qu’ils croyaient être
de ce qu’ils n’ont jamais été
mirages se dissipant
dans les déserts des vains désirs
sous les voûtes ouvertes
d’un espace peuplé d’ailes
j’écoute la voix profonde
des racines de blés et d’étoiles
et le murmure des forêts d’âme
offrant des merveilles
à l’enfance secrète
qui fracasse les miroirs
© Francine Hamelin (Le voyage inachevé)