Ce chant à nul autre pareil

toi qui as parcouru mes mains
tous les chemins gravés à même mes paumes
pas à pas vers maintenant
mes doigts sculptés par les pierres
ces caresses d’albâtre aux doux accents des îles
et ancrée dans ma chair et encore rebelle
mon enfance d’oiseaux d’arbres et de ruisseaux

toi qui sais
mes mains terriennes
mes mains ouvrières dans la glèbe des jours
mes mains d’âme à tenir intègre
toute parole poétique

tu y as déposé
avec le miel et le soleil et le blé
ce chant à nul autre pareil
de ta voix profonde
et des mots limpides
comme l’amour inattendu

© Francine Hamelin (Saisons murmurantes)

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Jardin

qui donc a ouvert les portes des musiques
et semé d’étranges étoiles
dans la solitude de l’enfance mauve
laissant en son sillage
des myriades de lumières

l’amour est de ces jardins fous
où les geais bleus et les mésanges
lancent l’appel des terres fortes

l’amour est de ces puits profonds
où le temps glauque s’éparpille
et nous redit le jour troublant
de moissons rouges et de blés vifs

© Francine Hamelin (L’argile et la flamme)

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Stavros Lantsias – The River of Time

Magnifique… De l’album Diary of Dreams (Imerologio Onirion), sorti en 2011.

Bonne nuit, bonjour, avec la musique nécessaire…

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Ada de Castro – Gosto de tudo o que é teu

Une autre grande voix du fado…

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Gilles Vigneault – La Manikoutai

Magnifique chanson, de 1967. Un classique…

Ils ont dit que c’était une fille
Moi, je dis que c’était la Manikoutai
L’oeil en feuille et la dent de coquille
Telle était la Manikoutai

C’était plus haut que la plaine
Il fallait pour aller là
La patience et l’aviron
Et connaissance de la chute
Du portage et du courant
Où et comment l’eau culbute
Les oreilles de charrue
Et l’eau morte et les cirés
Les corps morts et les écumes
Veille à gauche et veille à droite
À la pince et au ballant
Sans vouloir te commander
Tiens-toi bien pis laisse aller
Pas grande eau mais c’est assez
Pour te dire qu’à l’eau douce
On finit par dessaler

Et ça, c’était pour l’été

Ils diront que c’était une femme
Je dirai que c’était la Manikoutai
Le dos souple et la danse dans l’âme
Telle était la Manikoutai

Fatiguée de la semaine
En rapides et gros bouillons
Elle faisait son dimanche
En amont du quatrième
Vive encore et paresseuse
Avec du sable en dorure
Et les beaux cailloux tout ronds
À deux pas c’est une source
À trois pas c’est un brûlé
Le foin haut pis les framboises
Les bleuets pis les béris
Et le petit bois d’argent
Prends ton temps, prends pas ta course
C’est piquant pis déchirant
Pas si vite, assis-toi là
On va compter les cailloux

Ça, c’était pour le beau temps

Ils croyaient que c’était une fée
Moi, je dis que c’était la Manikoutai
De feu, d’or et d’automne attifée
Telle était la Manikoutai

Aux premiers jours de gelée
Elle a déjà le gros dos
Les manchons pis les manteaux
Et tout en blanc et beau et chaud
Elle a la race et la grâce
Elle est de chasse et de glace
Les renards et les visons
Les rats musqués, les castors
Le loup-cervier puis la loutre
Lui font dentelle de trace
Et quand la glace est trop mince
Pour la tenir enfermée
Elle saute la fenêtre
Elle est noire et douce-froide
Et c’est le froid qui la dompte
À la tombée de la nuit

Et c’est le temps de l’hiver

Ils croiront que c’était une amante
Je dirai que c’était la Manikoutai
Jeune et vieille et muette et parlante
Telle était la Manikoutai

C’était le temps du trappeur
Et le temps des compagnies
On partait le vingt d’octobre
On revenait vingt janvier
Quand un homme est à la chasse
Sa blonde a des cavaliers
Sont partis le même jour
Mais chacun de son côté
On a trouvé par les traces
Qu’une fois rendus aux pièges
Avaient chassé tous les deux
Jusqu’à ce trou dans la neige
Attention! la glace est mince
Tu la salueras pour moi
Non, viens pas, tiens-toi, j’arrive
Les chiens sont r’venus tout seuls

Ça, c’était pour le printemps

Ils ont dit que c’était la Julie
Moi, je dis que c’était la Manikoutai
Ils diront qu’avec l’âge on oublie
Telle était la Manikoutai

Gilles Vigneault

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Alison Moyet – This House

Quelle voix!… De 1991.

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Danielle Oddera – Ton épaule m’attend

Magnifique chanson de Sylvain Lelièvre, musique de Claude Léveillée. De l’album Danielle Oddera chante Sylvain Lelièvre, sorti en 2004.

Je ne sais rien du paysage
Où nous transportera demain
J’aimerais qu’il fût une plage
Où tu me prendrais par la main
J’aimerais qu’il fût ton visage
Et la douceur de vivre autour
Mais je ne sais rien du voyage
Rien du chemin ni du retour

Je sais seulement que je t’aime
Et que le temps n’est qu’un détour

Je ne sais rien de la fenêtre
Que vont ouvrir nos yeux nouveaux
J’aimerais y voir apparaître
Sous un ciel plus tendre et plus beau
Ceux par qui nous saurions renaître
Les amis qui sont loin de nous
Mais au printemps comment connaître
Ce que prépare le mois d’août

Je sais seulement que je t’aime
Et que vous avons rendez-vous

Je ne sais rien de ces mystères
Dont quelquefois j’aime à penser
Que nous serions moins solitaires
Si nous venions à les percer
J’aimerais tant que cette terre
Fût celle où dansent les enfants
Mais c’est naïf il faut le taire
Je ne sais rien de plus qu’avant

Je sais seulement que je t’aime
Et que ton épaule m’attend

Sylvain Lelièvre

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Papillons de mer

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Voilures

du matin qui se lève a surgi un oiseau
laissant comme un sillage de fragrance marine
parfum salin des îles guetteuses d’horizons
rêve de vents et de voilures
dans la grande respiration
d’un pays sans bout du monde

et je te dirai ces voyages que le temps nous invente
à hauteur d’âme nue
dans la simplicité profane de nos gestes apaisés

© Francine Hamelin (Saisons murmurantes)

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Quand les chevaux de l’aube…

quand les chevaux de l’aube descendent des collines
entraînant avec eux des reflets d’orient
lorsque les paysages sont traversés d’oiseaux
dont les chansons résonnent en ruisseaux fulgurants

quand des voiliers éclos comme des fleurs solaires
jaillissent du silence en échos d’archipels
quand le temps suspendu aux songes des musiques
s’imagine un instant qu’il est éternité

quand une vague glisse en son rêve d’écume
comme un parfum sauvage aux dunes opalines
lorsque dans les forêts l’or léger d’un soleil
s’inquiète d’une source ou d’une fleur fragile

quand des levers d’étoiles dans les arbres de cuivre
déposent des joyaux en rouges étincelles
quand un jardin s’étonne d’une rose des vents
parmi les herbes bleues et les pierres sensibles

j’écris une parole au secret d’un pays
j’écris une parole de tendresse infinie
et s’ouvre une saison que l’amour illumine
comme un flambeau de blé à la glèbe des nuits

© Francine Hamelin (L’argile et la flamme)

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Evanthia Reboutsika – Thalassa Apo Heliotropia

De l’album To Asteri Ki I Efhi, sorti en 1998.

Bonne nuit, bonjour, dans le voyage de la musique…

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Jonna Jinton – The Frozen Call

Magnifique…

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Pierre Bachelet – Escapade

De 1982. Paroles de Jean-Pierre Lang, musique de Pierre Bachelet.

Dis… Si nous prenions quelques vacances
Pour vivre à notre convenance
Nos mains feraient l’amour ensemble
Juste pour rire
Et d’y penser déjà je tremble
Pour des vacances de plaisir

Dis… Pour se retrouver tous les deux
Avec ces rires au fond des yeux
Qui disent parfois des choses tristes
On oublierait ma vie d’artiste
Pour des vacances de plaisir

Même
Même si ce n’est qu’une escapade
Entre désir et Désirade
L’histoire d’un jour
Même
S’il faut briser nos habitudes
Changer de vie de latitude
Changer d’amour

Dis… Nous aurions nos midis d’amour
Nos flammes du milieu du jour
Et ces fatigues d’avant l’aurore
Juste pour rire
Quand le corps est conquistador
Et qu’il est si bon de mourir

Même
Même si ce n’est qu’une escapade
Entre désir et Désirade
L’histoire d’un jour
Même
S’il faut briser nos habitudes
Changer de vie de latitude
Changer d’amour

Jean-Pierre Lang

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Robert Charlebois – The Frog Song

De l’album Longue distance, sorti en 1976. Paroles de Jean Chevrier, musique de Robert Charlebois. (« Frog » (grenouille) est le surnom méprisant que les Anglos donnaient aux Québécois, il n’y a pas si longtemps).

Ton beurre est dur pis tes toast sont brûlés
Ton lait est sûr, ton jaune d’oeuf est crevé
T’as pu l’eau chaude pour te faire un café instantané

You’re a frog, I’m a frog, kiss me
And I’ll turn into a prince suddenly
Donne-moi des peanuts, j’m’en vais t’chanter
Alouette sans fausse note

Sept heures et quart t’embarques dans l’autobus
Ton sac c’est tout pour aller travailler
Un beau voyage en groupe organisé, comme toué matins

You’re a frog, I’m a frog, kiss me
And I’ll turn into a prince suddenly
Donne-moi des peanuts, j’m’en vais t’chanter
Alouette sans fausse note

Ton boss est dur l’hiver y va se promener
Su’a côte d’Azur pendant qu’il t’fait chômer
Pis le reste du temps y te fait trop travailler, toé tu te plains pas

You’re a frog, I’m a frog, kiss me
And I’ll turn into a prince suddenly
Donne-moi des peanuts, j’m’en vais t’chanter
Alouette sans fausse note

Ta femme fait dur toé on t’traite de nono
Ton p’tit dernier a la guédille au nez
T’es p’t-être pas beau mais j’te trouve ben élevé
Pis tu chiales pas

You’re a frog, I’m a frog, kiss me
And I’ll turn into a prince suddenly
Donne-moi des peanuts, j’m’en vais t’chanter
Alouette sans fausse note

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Pierre Perret – Mon p’tit loup

De 1979. j’aime beaucoup…

T’en fais, pas mon p’tit loup,
C’est la vie, ne pleure pas.
T’oublieras, mon p’tit loup,
Ne pleure pas.

Je t’amènerai sécher tes larmes
Au vent des quat’points cardinaux,
Respirer la violette à Parme
Et les épices à Colombo.
On verra le fleuve Amazone
Et la vallée des Orchidées
Et les enfants qui se savonnent
Le ventre avec des fleurs coupées.

T’en fais, pas mon p’tit loup,
C’est la vie, ne pleure pas.
T’oublieras, mon p’tit loup,
Ne pleure pas.

Allons voir la terre d’Abraham.
C’est encore plus beau qu’on le dit.
Y a des Van Gogh à Amsterdam
Qui ressemblent à des incendies.
On goûtrra les harengs crus
Et on boira du vin d’Moselle.
J’te racontrrai l’succès qu’j’ai eu
Un jour en jouant Sganarelle.

T’en fais, pas mon p’tit loup,
C’est la vie, ne pleure pas.
T’oublieras, mon p’tit loup,
Ne pleure pas.

Je t’amènerai voir Liverpool
Et ses guirlandes de Haddock
Et des pays où y a des poules
Qui chantent aussi haut que les coqs.
Tous les livres les plus beaux,
De Colette et d’Marcel Aymé,
Ceux de Rabelais ou d’Léautaud,
Je suis sûr qu’tu vas les aimer.

T’en fais, pas mon p’tit loup,
C’est la vie, ne pleure pas.
T’oublieras, mon p’tit loup,
Ne pleure pas.

J’t’apprendrai, à la Jamaïque
La pêche de nuit au lamparo
Et j’t’emmènerai faire un pique-nique
En haut du Kilimandjaro
Et tu grimperas sur mon dos
Pour voir le plafond d’la Sixtine.
On sera fasciné au Prado
Par les Goya ou les Menine.

T’en fais, pas mon p’tit loup,
C’est la vie, ne pleure pas.
T’oublieras, mon p’tit loup,
Ne pleure pas.

Connais-tu, en quadriphonie,
Le dernier tube de Mahler
Et les planteurs de Virginie
Qui ne savent pas qu’y a un hiver.
On en a des choses à voir
Jusqu’à la Louisiane en fait
Où y a des types qui ont tous les soirs
Du désespoir plein la trompette.

T’en fais pas, mon p’tit loup,
C’est la vie, ne pleure pas.
Oublie-les, les p’tits cons
Qui t’ont fait ça.

T’en fais pas, mon p’tit loup,
C’est la vie, ne pleure pas.
J’t’en supplie, mon p’tit loup,
Ne pleure pas.

Pierre Perret

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Les temps légendaires

Aquarelle

 

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Fenêtres

prendre refuge parfois
contre vents et marées
et contre les ombres du monde
dans ton visage aimé
que le soleil d’aurore
touche doucement de profil

m’émerveiller encore
d’un oiseau qui passe
dans l’espace de ton regard
tes yeux comme fenêtres
ouvertes sur un jardin sauvage
où grandit l’horizon

et m’émouvoir toujours
de ta voix qui me dit
que nous avons pays
dans le bleu vif de nos âmes
dans le rire de nos enfances
et dans la terre de nos vies

© Francine Hamelin (Saisons murmurantes)

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Songe

assise au bord des saisons changeantes
je rêve
les yeux ouverts
le regard libre et sans entrave

je rêve
et ne suis que le vent
ce souffle que nul n’interroge
car nul n’a vu le vent
qui transporte les voix du monde
et dont les doigts
sont d’insaisissables caresses

© Francine Hamelin (L’argile et la flamme)

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Yann Tiersen – Porz Goret

Une très belle musique de Yan Tiersen. Avec les acrobates danseurs Tarek Rammo et Kami-Lynne Bruin.

Bonne nuit, bonjour, avec ce moment de beauté…

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Marjo – Tant qu’il y aura des enfants

Superbe chanson de la magnifique Marjo. De l’album Celle qui va, sorti en 1990.

Tant qu’y aura des enfants
Qu’existeront les saisons
On bravera le temps
On bravera le vent
Tant qu’y aura des chansons
Qui parleront d’amour
On rattrapera le temps
On rattrapera le vent

Car ce soir, ce soir
Y a tes yeux qui dansent
Et ce soir, ce soir
Y a tes yeux qui dansent
Et ce soir, ce soir
Y a tes yeux qui me ressemblent

Tant que j’aurai la foi
J’habiterai maison
Et tout autour de moi
Danseront par millions
Tant que viendra la nuit
Toujours je poursuivrai
Au-delà de mes jours
Encore je me battrai

Car ce soir, ce soir
Y a tes yeux qui dansent
Et ce soir, ce soir
Y a tes yeux qui dansent
Et ce soir, ce soir
Y a tes yeux qui me ressemblent

Tant que viendra la nuit
Tant que viendra le jour
Tant que viendra la nuit
J’irai jusqu’au bout de mes jours
Tant que viendra la nuit
Tant que viendra le jour
Tant que viendra la nuit
J’irai jusqu’au bout de l’amour

Tant qu’y aura des enfants
Tant qu’existeront les saisons
Je braverai le temps
Je braverai le vent
Tant qu’y aura des chansons
Pour me parler d’amour
Toujours je poursuivrai
Et encore j’avancerai

Car ce soir, ce soir dans tes yeux je danse
Et ce soir, ce soir y a tes yeux qui dansent
Et ce soir, ce soir y a tes yeux qui me ressemblent
Tant que viendra la nuit, tant que viendra le jour
Tant que viendra la nuit, j’irai jusqu’au bout de mes jours
Tant que viendra la nuit, tant que viendra le jour
Tant que viendra la nuit, j’irai jusqu’au bout de l’amour

Marjo

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Carminho – A noite gosta de mim

Une autre belle voix du fado…

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Bonnie Tyler – If I Sing You a Love Song

J’adore sa voix. De l’album Natural Force, sorti en 1978.

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Véronique Pestel – Pré en bulle

J’adore son écriture, sa voix, sa musique. Spectacle enregistré en public en avril 2005. 

Elle a eu cette étrange idée,
Elle devait avoir deux ans,
Qu’avec une plume et du papier
On est vivant
Sa famille la laissa faire
Sans alphabet
Et des après-midi entières
Elle écrivait

Boucles et reboucles
Traits et retraits
T’y comprends goutte, Mémé,
« C’est pas français ! »
Sonne consonne
Fable syllabe
L’inexprimable
C’est pour personne
Quand on le nomme

En charabia
Langue internationale
Pour môme phonéticien
En mal d’Esperanto
Charabia
Paradis radical
Pour enfant musicien
À cheval sur les mots

Comme un défi lancé
Aux charniers du hasard
Les mots remontent des bas-fonds
Et se maintiennent quelquefois
À l’idée vague qu’ils pourraient
Avoir raison

Ils sont l’herbe entre les pavés
De nos mémoires courtes
Les palimpsestes délavés
De nos surfaces littéraires
Ils sont le verbe et sa nausée
De n’pas savoir où il commence

Les mots
Comme des litanies
En prières posthumes
À tout ce qui s’en va
Les mots
Comme des symphonies
Aux ouïes d’un dieu sourd
Arrimé à son mât
Cela vous étonnera-t-il
Cela nous étonnera-t-on
Si la petite sono-fille
Ne sait plus parler qu’en chanson ?

Véronique Pestel

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Chloé Sainte-Marie – Je t’écris pour te dire que je t’aime

Sur un magnifique texte du grand poète Gaston Miron, musique de Gilles Bélanger. De l’album Je pleure tu pleures, sorti en 2008.

Je t’écris pour te dire que je t’aime
que mon cœur qui voyage tous les jours
— le cœur parti dans la dernière neige
le cœur parti dans les yeux qui passent
le cœur parti dans les ciels d’hypnose —
revient le soir comme une bête atteinte

Qu’es-tu devenue toi comme hier
moi j’ai noir éclaté dans la tête
j’ai froid dans la main
j’ai l’ennui comme un disque rengaine
j’ai peur d’aller seul de disparaître demain
sans ta vague à mon corps
sans ta voix de mousse humide
c’est ma vie que j’ai mal et ton absence

Le temps saigne
quand donc aurai-je de tes nouvelles
je t’écris pour te dire que je t’aime
que tout finira dans tes bras amarré
que je t’attends dans la saison de nous deux
qu’un jour mon cœur s’est perdu dans sa peine
que sans toi il ne reviendra pas

Je t’écris pour te dire que je t’aime
que mon cœur qui voyage tous les jours
— le cœur parti dans la dernière neige
le cœur parti dans les yeux qui passent
le cœur parti dans les ciels d’hypnose —
revient le soir comme une bête atteinte

Quand nous serons couchés côte à côte
dans la crevasse du temps limoneux
nous reviendrons de nuit parler dans les herbes
au moment que grandit le point d’aube
dans les yeux des bêtes découpées dans la brume
le printemps liseronne aux fenêtres

Je t’écris pour te dire que je t’aime
que mon cœur qui voyage tous les jours
— le cœur parti dans la dernière neige
le cœur parti dans les yeux qui passent
le cœur parti dans les ciels d’hypnose —
revient le soir comme une bête atteinte

Pour ce rendez-vous de notre fin du monde
c’est avec toi que je veux chanter
sur le seuil des mémoires les morts d’aujourd’hui
respirent pour nousnos espaces oubliés

Pour ce rendez-vous de notre fin du monde
c’est avec toi que je veux chanter

Pour ce rendez-vous de notre fin du monde
c’est avec toi que je veux chanter

Gaston Miron

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Sérénité

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Berceuse

c’est une nuit d’hiver
à bercer les enfances-lucioles
dans la chaleur douce du rêve
à leur murmurer des légendes d’arbres
la mémoire des rochers moussus
et une musique ailée
pour oublier le frisson blanc
à bercer de ma voix de louve
l’amour même
pour les enfances-poésies
jusqu’au bout de la nuit

© Francine Hamelin (Saisons murmurantes)

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Métamorphose

et si l’oiseau demeure
tout au coeur de la rose
c’est que dans le soleil
s’épanouit un jardin
et que l’eau s’éternise
dans le cours de son rêve

le temps s’arrête ici
où nous venons renaître
à l’envers des raisons

© Francine Hamelin  (Filigranes)

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Schubert – Schwanengesang, D. 957: No. 4, Serenade

Arrangé pour arpeggione et piano. Anne Gastinel à l’arpeggione et Claire Désert au piano. L’arpeggione est un instrument à cordes frottées, joué à l’archet, à 6 cordes et accordé comme une guitare. Il est appelé également « guitare-violoncelle » ou « guitare d’amour ».

Bonne nuit, bonjour, aux allumeurs de réverbères, aux renards et aux champs de blé et à toutes celles et tous ceux qui voient avec le coeur…

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Tash Sultana – Pretty Lady

Tash Sultana est une auteure-compositrice-interprète et musicienne multi-instrumentiste australienne. Vidéo sympa…

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Marie Laforêt – La tendresse

Pour le plaisir de réentendre Marie Laforêt et cette magnifique chanson. Paroles de Noël Roux et musique de Hubert Giraud. De 1964.

On peut vivre sans richesse
Presque sans le sou 
Des seigneurs et des princesses
Y en a plus beaucoup
Mais vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non non non non
On ne le pourrait pas

On peut vivre sans la gloire
Qui ne prouve rien
Être inconnu dans l’histoire
Et s’en trouver bien
Mais vivre sans tendresse
Il n’en est pas question
Non non non non
Il n’en est pas question

Quelle douce faiblesse
Quel joli sentiment
Ce besoin de tendresse
Qui nous vient en naissant
Vraiment, vraiment, vraiment

Le travail est nécessaire
Mais s’il faut rester
Des semaines sans rien faire
Hé bien, on s’y fait
Mais vivre sans tendresse
Le temps nous paraît long
Non non non non
Le temps nous paraît long

Dans le feu de la jeunesse
Naissent les plaisirs
Et l’amour fait des prouesses
Pour nous éblouir
Oui mais sans la tendresse
L’amour ne serait rien
Non non non non
L’amour ne serait rien

Quand la vie impitoyable
Vous tombe dessus
On n’est plus qu’un pauvre diable
Broyé et déçu
Alors sans la tendresse
D’un cœur qui nous soutient
Non non non non
On n’irait pas plus loin

Un enfant vous embrasse
Parce qu’on le rend heureux
Tout nos chagrins s’effacent
On a les larmes aux yeux
Mon dieu, mon dieu, mon dieu
Dans votre immense sagesse
Immense ferveur
Faites donc pleuvoir sans cesse
Au fond de nos cœurs
Des torrents de tendresse
Pour que règne l’amour
Règne l’amour
Jusqu’à la fin des jours

Noël Roux

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Dominique Michel – Hiver maudit

L’hiver, c’est beau. Mais c’est aussi 5-6 mois de froid, de tempêtes et de pelletage! En fait je déteste l’hiver et le froid. Chanson de Jacqueline Barrette écrite pour et interprétée par Dominique Michel, une comédienne et humoriste qui nous fait rire depuis longtemps. De l’album Showtime, Dominique, Showtime paru en 1979.

J’haïs l’hiver
Maudit hiver
Les dents serrées, les mains gercées, les batteries à terre
J’haïs l’hiver
Maudit hiver
Chez nous l’hiver, c’comme le hockey
Y a des finales jusqu’au mois d’mai

L’été, c’est la saison gênée
On ne l’a ja-mais vue passer
Vacances mouillées, rivière polluée
Un jour on gèle
L’lendemain on crève
Les maringouins font jamais d’grève
Pis l’vent entonne l’hymne à l’automne
Pour me rapp’ler – héhé héhéhéhé – que…

J’haïs l’hiver
Maudit hiver
Les dents serrées, les mains gercées, les batteries à terre
J’haïs l’hiver
Maudit hiver
Chez nous l’hiver, c’comme le hockey
Y a des finales jusqu’au mois d’mai

L’automne, c’est beau, mais court à mort
Un beau deux s’maines multicolore
On monte dans l’nord voir le décor
Le temps d’faire Gran-by – Mont-Laurier
Les feuilles ‘taient toutes tombées à terre
L’automne v’nait d’changer en hiver
Pour me rapp’ler – héhé héhéhéhé – que…

J’haïs l’hiver
Maudit hiver
Les dents serrées, les mains gercées, les batteries à terre
J’haïs l’hiver
Maudit hiver
Chez nous l’hiver, c’comme le hockey
Y a des finales jusqu’au mois d’mai
Atchoum !

Enfin le printemps nous surprend, les pieds dans’ bouette
La tire au bec
Guéris ta grippe, change tes «snow grips»
Les verts bourgeons, l’isolation
Oui, mais l’printemps ne dure qu’un mois
Le temps d’dégeler l’été est là
Pour me rapp’ler – héhé héhéhéhé – que…

J’haïs l’hiver
Maudit hiver
Les dents serrées, les mains gercées, les batteries à terre
J’haïs l’hiver
Maudit hiver
Chez nous l’hiver s’rait une horreur
Mais heureusement, oui, aha : y a Guy Lafleur

Jacqueline Barrette

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Salomé Leclerc – Garde-moi collée

Une chanson parfaite pour notre première véritable chute de neige et journée d’hiver… De l’album Sous les arbres, sorti en 2011.

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Oiseaux-sorciers

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Douce déraison

j’ai beau savoir mon éphémérité
j’ai l’enfance chevillée au cœur
et m’émerveille encore
de trésors minuscules
un diadème de rosée sur une fleur sauvage
un petit caillou rond au bord d’une rivière
et sur l’herbe
oubliée par un oiseau
une plume pour t’écrire
mon âme
tous les mots bleus de ma douce déraison
de ma folie sereine
cette vaste joie paisible
de nos vies entremêlées

© Francine Hamelin (Saisons murmurantes)

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Apprentissage

je cueille comme un fruit d’or
le jour qui se lève
je pars avec le rire du vent
j’habite la cathédrale-terre

je connais la joie de l’arbre
et le poids paisible
de chaque branche nouvelle

je trace les sillons d’un champ d’aurore
je découvre le sens de chaque geste
je déchiffre le vaste langage des saisons
hiver et neige et poudrerie
m’ont faite femme du printemps

je nomme et réapprends chaque vie
j’appartiens à l’univers
je vis dans l’éternel et l’éphémère

© Francine Hamelin (Comme aux jours de lumière)

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Eleni Karaindrou – Nostalgic

Une belle pièce de la compositrice grecque Eleni Karaindrou. Sur des images du film Nostalghia d’Andrei Tarkovsky.

Bonne nuit, bonjour, où que vous soyez sur Terre…

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Peter Gabriel avec Kate Bush – Don’t Give Up

Magnifique chanson…  De l’album So, sorti en 1986.

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Joan Baez – Donna, Donna

Un classique…

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Amália Rodrigues – Gaivota

Beauté pure…

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Véronique Pestel – L’âge est là

Un autre bijou de Véronique Pestel. De l’album Faire autrement, sorti en 2016. (Désolée, je n’ai pas trouvé les paroles, mais ça vaut vraiment la peine d’être écouté).

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