Les cathédrales englouties

le jour est venu jusqu’ici
avec ses grands silences d’or

le long soleil des anémones
brûle dans les cathédrales englouties
parmi les splendeurs sous-marines
des vitraux et des pierres vertes

un arbre d’eau et de lumière
a poussé comme une prière
sous les regards éternels
des statues aux yeux de corail

ici passe le temps perdu
sur les ailes souples et fluides
d’un rêve enivré d’infini

 

© Francine Hamelin (tiré de Filigranes)

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La bêtise

De l’album «Éphémère».

La Semaine de la Terre… Il nous faudrait un siècle de la Terre.. Parce que de la façon dont nous sommes partis, à détruire, guerroyer et polluer pour le fric, dans «le confort et l’indifférence», nous disparaîtrons.

 


le monde est un étrange lieu
où nous creusons des cimetières
la réalité un mot creux
où la bêtise nous enterre

la mort n’a pas de garde-fou
nourrie de conflits  de famines
guerres de l’or noir  guerre partout
la planète est un champ de mines

faut-il éteindre tous les rires
enfants rompus de tant de peine
qui paient le prix de ce délire
dans la rage où on les entraîne

il y a la Terre que l’on vide
veines des arbres  sève de l’eau
brisées par ce monde cupide
qui y laissera bien sa peau

et s’assombrissent les oiseaux
dans l’amer sillon des naufrages
et dans leurs yeux s’éteint l’écho
de la vie qu’on prend en otage

faut-il mettre à genoux le rêve
toujours agir en conquérants
jamais en notre course brève
nous ne posséderons le temps

nous avons bien trop de colère
nous aimons bien peu les enfants
pour si mal respecter la Terre
courir ainsi vers le néant

et qui se souviendra de nous
qui avons si courte mémoire
si de notre histoire de fous
ne reste qu’un très grand trou noir

voici la vie qui se gaspille
à croire que tout nous appartient
sur le fil du temps qui oscille
vraiment nous ne possédons rien

la réalité est un mot creux
le monde est un étrange lieu

Paroles et musique : © Francine Hamelin (SOCAN)

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Chaque douleur…

chaque douleur sans l’univers
sens-la en toi comme une pierre
chaque joie porte-la en toi
comme une lumière infinie
au soleil du temps apaisé

 

© Francine Hamelin (tiré de Pour dire mon pays et ceux qui l’habitent)

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Pierres vives

 

 

 

© Francine Hamelin

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Périple

comme un grand vol d’oiseaux
les musiques deviennent de longs chemins d’espace
les roses de l’hiver se givrent aux fenêtres
et cet arbre posé
comme une offrande sur la pierre profonde
me dit encore d’aller au bout de ce voyage
me dit d’aller plus loin
que les jours et les mondes
au bout des paysages et des temps hermétiques

j’ai voyagé longtemps
parmi les rêves doux et les pays multiples
je suis déracinée des villes de la nuit

le temps a incanté chaque mot chaque phrase
chaque silence aussi comme un rythme furtif

au profil de mes heures les outardes repassent
avec des cris de brume et des mystères d’ailes

j’ai voyagé sans fin en espérant atteindre
plus loin que les déserts de rien et d’eau
la fascinante transparence du songe
un univers perdu aux confins de la nuit
comme un espace humain et dense de musique

et je meurs chaque instant de ce pays qui chante
je meurs et ne sais plus ni mémoire ni mort
que ce très grand soleil au cœur des demeures d’enfance

ô mon pays possible je sais bien ta présence et ma fragilité

tout dépend de l’aurore et de sa plénitude
tout dépend du silence et de son poids de vie
tout dépend des paroles et de leur poids d’amour
tout me touche et m’atteint au seuil de ma saison

 

© Francine Hamelin (tiré de Intérieur des jours)

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Moment d’éternité

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Liens

océan déchiffrable
indéchiffrable amour
voici l’aube sans âge
et la splendeur du jour
et cette douce ivresse
jaillie de source verte
aux forêts de la vie

je suis ce que tu es
et nous sommes fragiles
comme un reflet tremblant
une illusion d’argile
tu es ce que je suis
un oiseau qui chavire
un voilier qui dérive
un nuage qui fuit

chemins vagues de l’eau
divagantes demeures
voici le temps de vivre
voici l’ombre qui meurt
sous les grands astres d’or
levés à l’horizon
des glauques profondeurs

je suis ce que tu es
et nous sommes des îles
reliées d’océan
aux vagues de l’exil
tu es ce que je suis
la marée qui s’étire
la trace d’un navire
aux songes de la nuit

étrangères musiques
voix de houles étranges
voici que me chavirent
des échos infinis
qui ressemblent à des rires
de marées et de flots
en mon âme abyssale

nous sommes fragiles
nous sommes des îles
une illusion d’argile
aux vagues de l’exil

 

Paroles et musique: © Francine Hamelin  (SOCAN)

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