Suzanne Paradis – Poème

Extrait du poème Les nourritures, dans le recueil Le visage offensé, paru en 1966 aux éditions Garneau.

 

Je me range au côté des bêtes les plus humbles
la tête dans le puits devant les champs de trèfle
Les éléments diffus cherchent leur voie parfaite
le vent cherche le vent la pluie flaire la pluie
et leurs jeux monstrueux transfigurent la terre

L’âge de la beauté s’inscrit au front des chênes
rompt les digues, renverse les montagnes même
j’écoute le fracas des continents glacés
les ouragans vomis des forges souterraines
et je lève la tête au nom de l’innocence

Viendra le premier mil ô terre épanouie
verte et toute doré de craintive clarté
je n’aurai plus qu’à tendre mes deux mains offertes

 

Suzanne Paradis, très grande poétesse dont on ne parle pas assez. Elle a publié une trentaine de recueils poétiques et de romans.

A propos Francine Hamelin

Écrivaine, peintre, sculpteure de pierre, auteure-compositrice-interprète.
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