Les arlequins

des arlequins de brume
traversaient mon enfance
à pas de soie

faut-il dire
que c’était un temps de transparence
presque comme un silence
au fond du soleil

et d’image en image
se dessinait un pays
au creux de notre regard

faut-il dire
que c’était un temps de grands espaces
en ce temps d’arlequins flous
quand n’existaient point les ombres

faut-il dire
que nous étions paisibles en ces jours-là
et que tout était vaste

faut-il dire
que nous étions vivants
de cette vie de plénitude

faut-il dire
que nous n’avions pas encore pleuré
en ce temps-là

quand nous étions beaux
comme l’enfance

quand marchaient à pas de brume
des arlequins de soie
au long de notre regard

 

© Francine Hamelin (tiré de Comme aux jours de lunière)

A propos Francine Hamelin

Écrivaine, peintre, sculpteure de pierre, auteure-compositrice-interprète.
Cet article a été publié dans Comme aux jours de lumière, Poésie. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Les arlequins

  1. Béatrice dit :

    Magnifique ! Merci pour cette belle évocation. Quand j’étais enfant, je dessinais souvent des arlequins. En vous lisant, j’ai vu que nous étions ensemble à jouer dans le prisme du même univers.

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  2. Merci beaucoup, Béatrice. 😊

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