Quelqu’un est venu

quelqu’un est venu
a ouvert toutes les portes
de mes châteaux de cristal et d’ivoire
a transformé l’odeur de la verveine en mes jardins
dans la fusion des feuillages et des blés

quelqu’un est venu
a peint de soleils d’air aux pierres de mes tours
a fait s’effacer toutes les murailles de mes citadelles
a fait s’évanouir toutes les douleurs closes
toutes les blessures crépusculaires
a posé ses paumes veinées de cantates sur mes yeux aveugles
a soulevé mes paupières de gel
a délivré mon regard et le vitrail de mon cœur
comme un orfèvre de lumière

quelqu’un est venu
mais n’a rien dit
n’a point descellé ses lèvres
m’a fait don du silence
n’a parlé qu’avec l’immensité de ses prunelles
et la paix de son sourire

puis s’en est allé doucement
me laissant seule
avec mon regard neuf pour boire
l’infinie couleur de la vie
qui respirait entre mes dents

 

© Francine Hamelin (tiré de Comme aux jours de lumière)

A propos Francine Hamelin

Écrivaine, peintre, sculpteure de pierre, auteure-compositrice-interprète.
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