À l’échelle des vies

nous tenterons de changer le vent en force vives
de porter le silence au-dedans de nous-mêmes

quand viendra l’ombre à marée haute
nous tenterons d’apaiser
les rumeurs sourdes de la pierre qui meurt

nous reprendrons l’attente et la brume
comme aux jours étrangers de notre solitude

la route s’est offerte à nos pas
nous ne referons pas le chemin à rebours

c’est une pluie de feu
qui nous ouvre à jamais la voie incandescente du rêve

à l’échelle des vies
à l’échelle des mains
nous gravirons l’espace   le temps et la mémoire

nos musiques changeront de visage
sur les quais du départ
nous serons à jamais semblables et retrouvés

c’est une pluie de feu
qui ouvre à nos pas les saisons de lumière

quand nous aurons franchi les portes les plus dures
quand nous aurons marché sur les chemins en fuite
nous ne referons pas le chemin à rebours

alors renaîtra le silence millénaire des arbres

 

© Francine Hamelin  (tiré de Chants d’un siècle passager)

A propos Francine Hamelin

Écrivaine, peintre, sculpteure de pierre, auteure-compositrice-interprète.
Cet article a été publié dans Chants d'un siècle passager, Poésie. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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