Avant que les villes ne meurent

j’avance
en tenant mon destin entre mes paumes
j’avance au milieu des parfums ciselés de soleil
au fil des moissons tressées de lumière
je rallie les chemins d’argile et d’anémones
pendant qu’au loin un bruit de pas
s’invente un château où marcher

j’avance au risque du matin
au hasard de l’instant et de l’éternité
comme on va boire à la margelle d’un puits limpide
comme on pose son front à l’épaule d’un arbre

j’avance à perte d’âge et de mémoire
pour découvrir le premier matin de la vie
je tends mon destin comme une offrande silencieuse
je suis femme de la terre

il ne fallait pour cela
qu’apprendre la patience et le goût des chemins
avant que les villes ne meurent
de n’être qu’un très long mirage

 

© Francine Hamelin  (tiré de Intérieur des jours)

A propos Francine Hamelin

Écrivaine, peintre, sculpteure de pierre, auteure-compositrice-interprète.
Cet article a été publié dans Les heures de sable, Poésie. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Avant que les villes ne meurent

  1. barbarasoleil dit :

    J’aime beaucoup

    J'aime

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