Au cœur du silence

Texte écrit après le suicide de deux amies…

 

ils nous auront hantés jusqu’au cœur du silence
tous ces gisants fragiles que l’attente a brisés
tous ces pays perdus avant même de naître
ces oiseaux trépassés sans connaître le vent

ils ont pesé en nous leurs poids d’ombre et de chair
comme pierres levées à droite de l’oubli
ils ont pesé en nous leur angoisse de glaise
comme villes en débâcle   comme fleuves d’acier

ils nous auront hantés jusqu’au bout de nous-mêmes
ces otages du temps et de la solitude
prisonniers de l’absence et de l’incertitude
dont la vie s’est brûlée aux nuits sans horizon

et dans le dénuement de leurs mains immobiles
des sources incertaines fleurissent éphémères
et leurs regards noyés sous les marées amères
laissent en nous leur cri de soif et de misère

ils nous auront hantés jusqu’au cœur du silence
ils nous auront hantés jusqu’au bout de nous-mêmes

 

© Francine Hamelin  (tiré de La femme envolée et autres poèmes du feu et de la soif)

A propos Francine Hamelin

Écrivaine, peintre, sculpteure de pierre, auteure-compositrice-interprète.
Cet article a été publié dans La femme envolée et autres poèmes du feu et de la soif, Poésie. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Au cœur du silence

  1. Un très beau texte. Que je lis et relis…

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