Malemort

oh laissez-nous oublier les mains tendues des suicidés
qui descendent vers les marées de la nuit
leurs yeux endormis dans la solitude noire
fixent la poussière des ruines qui s’effritent
leur sang coule encore sur leurs bras brisés

nous avons fait en vain le geste de les retenir
parmi nos déserts nus et inquiets
et nos visages n’avaient plus de masques
sous le regard ravagé de nos trahisons

sur les murs empoisonnés du temps ils ont accroché
leur rêve houleux   la tranchée de leurs paroles
nous voulions immobiliser les heures cependant que la mort
faisait miroiter devant leurs prunelles obscures
ses dagues vermeilles et ses couteaux d’absence

 

© Francine Hamelin (tiré de Tristesse de pierres)

A propos Francine Hamelin

Écrivaine, peintre, sculpteure de pierre, auteure-compositrice-interprète.
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