Le prêt-à-jeter

(refrain)
jette jette jette
tou’l’monde achète achète achète
jette jette jette
tou’l’monde achète achète et jette

il me faut l’ordinateur
l’internet le répondeur
la boîte vocale et l’afficheur
j’ai un paget à’place du coeur
j’ai le fax et le cellulaire
comment ça s’fait qu’j’ai les batteries à terre
c’est drôle comme j’vois plus personne
j’croise les gens au téléphone

(refrain)

je r’garde défiler les malheurs
sur ma belle télé en couleurs
le monde vire au rouge sang
c’est presque vrai c’t’impressionnant
mais c’que j’préfère c’est la publicité
y a plein d’choses que j’veux m’procurer
va falloir qu’j’m’achète des ailes
si j’veux survivre au virtuel

(refrain)

il faut que j’sois à la mode
j’vais changer mon garde-robe
c’que j’en pense n’a pas d’importance
tout ce qui compte c’est l’apparence
mes affaires d’la saison dernière
vont se r’trouver dans des sacs verts
c’t’année le look est synthétique
je vais m’habiller en plastique

(refrain)

il faut que je gère mon stress
j’prends des pilules pour la détresse
pour mes ulcères mes insomnies
je trimbale toute une pharmacie
des comprimés cont’ le cholestérol
des capsules pour pas virer folle
et contrôler les calories
j’sais pas pourquoi j’perds l’appétit

(refrain)

i’m’faut une auto un ski-doo
une moto et un quat’roues
i’m’faut le modèle dernier cri
il faut que ça roule dans ma vie
le pétrole grignote l’atmosphère
les autoroutes grugent la terre
tant pis pour les forêts qu’on rase
je m’achèterai un masque à gaz

(refrain)

j’écoute de la musique en cage
mes oreilles sont prises en otages
par la radion qui fait tourner
la dernière chanteuse formatée
le temps que j’achète son CD
même pas le temps de l’écouter
on la renverra à l’oubli
pour me vendre un nouveau produit

(refrain)

j’possède des tas d’trucs inutiles
en fer en acier en vinyle
un machin pour peler les raisins
un bidule pour me tenir la main
un robot pour chasser les moustiques
au fond d’mon abri anti-atomique
s’il y avait des machines à bonheur
c’est sûr que je serais preneur

(refrain)

i’m’faut des loteries-vidéo
des bingos des casinos
la fortune est p’t’êt’ pour demain
j’irais vider les magasins
je jetterais toutes mes vieilles bébelles
la Terre est une grande poubelle
si jamais je dev’nais milliardaire
j’achèterais tout l’univers

(refrain)

j’vais saturer mes cartes de crédit
enrichir les grosses compagnies
j’vais faire tourner l’économie
l’éphémère consomme ma vie
quand l’monde entier sera toxique
quand l’eau et l’air seront chimiques
quand la planète s’ra périmée
i’m’restera juste à m’en débarrasser

(refrain)

© Francine Hamelin (SOCAN)

A propos Francine Hamelin

Écrivaine, peintre, sculpteure de pierre, auteure-compositrice-interprète.
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